Le livre du jour

En ce moment je lis :
Harry Potter and the prisoner of Azkaban, de JK Rowling

Je viens de finir :
Harry Potter and the chamber of secrets, de JK ROwling

La liste :
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Rencontres

Mardi 25 juillet 2006

L’autre jour, j’étais tranquillement assise dans le métro en train de bouquiner (comme d’habitude me direz vous), sur un siège dans un groupe de quatre. Les trois autres étaient vides.
Trois adolescentes (je dirais 15 ou 16 ans) montent à une station quelconque et s’assoient avec moi. Elles sont toutes trois à la dernière mode, jolies, courtement vêtues, parlent fort en mâchouillant leur chewing-gum… bref j’arrête la ma description, trois ado comme toutes les autres.
Il s’avère que dans ces cas là, soit vous êtes dans un livre passionnant et vous restez plongé dedans jusqu’à ce que votre sixième sens vous avertisse que vous êtes arrivé à votre station, soit vous vous rendez compte au bout de quelques lignes que vous lisez mais n’enregistrez plus : la conversation de vos voisines étant tellement forte, impossible de se concentrer... Reste plus qu’à écouter en faisant semblant de lire. Il arrive que ce soit intéressant ou drôle, c’est souvent source de grandes interrogations : mais étais-je aussi futile et stupide à leur age ?

Cette fois là, deux des trois (qui étaient cousines) étaient en train de se disputer, la dernière essayait tant bien que mal de les calmer (plutôt mal d’ailleurs puisqu’elle s’est faite envoyer promener par les deux autres).
Le sujet de dispute ne me revient plus à l’esprit, par contre je me souviens parfaitement avoir été choquée, il faut bien le dire, par leur façon de parler. Elles n’avaient strictement aucun vocabulaire, la grammaire était une vague notion inutile, et le ton et la gestuelle menaçants, l’accent des cités n’aidant pas vraiment à donner à ses demoiselles une quelconque dignité...
Je les ai trouvé pitoyables et attristantes, ridicules et désolantes : que feront-elles dans la vie ces filles qui ne savent pas s’exprimer correctement ? Quel métier peut-on envisager qui ne demande pas d’ouvrir la bouche ou de rédiger un quelconque document ? Qui respectera quelqu’un qui est incapable de formuler une phrase sans écorcher la langue française (je ne parle pas simplement d’obtenir un boulot, mais aussi des actes classiques : ouvrir un compte dans une banque, signer un contrat d’assurance, acheter une voiture, trouver un logement...).

Ce qui m’inquiète c’est que le problème s’amplifie de plus en plus, et j’ai l’impression que personne ne s’en inquiète. J’ai lu quelque part qu'en moyenne les gens "normaux" utilisent 2500 mots alors que les jeunes des banlieues : 400... Si il y a des enseignants qui me lisent ou des parents un peu responsables : interrogez vous sur ces chiffres horribles, je ne sais pas moi, enfermez les chez eux et obligez les à lire, discutez avec eux au lieu de discourir seul, bref faites quelque chose !

La dispute s’est terminée quand la troisième comparse a reçu un appel sur son portable qu’elle avait autour du cou (sonnerie immonde bien évidemment et assourdissante), d’un futur petit ami... le sujet de dispute a été oublié aussitôt qu’elle a raccroché et les « alors raconte » submergés par les rires idiots... des ado comme les autres quoi !

 

 

 

Par Kiasev
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Lundi 31 juillet 2006
A force de faire le même voyage tous les jours, j’ai optimisé mon parcours. Je sais à quelle heure je dois partir pour avoir mon train exactement quand je serais devant le panneau d’affichage où je dois me situer sur mon quai de RER pour être en face de la porte quand elle s’ouvrira, porte qui en sortant sera la plus proche de l’escalier qui me permettra de prendre ma correspondance en marchant le moins possible. (ça va, vous me suivez ?)
De même le soir je sais devant quelle poubelle me mettre pour être en face de la porte du RER du wagon qui n’est pas le plus proche de la sortie, mais presque, celui face à la sortie est toujours bondé et je cours plus le risque d’être debout...

Bref tout est réglé comme du papier à musique, il n’y a pas de surprises.

Et il y a quelques personnes qui font comme moi, mais très peu finalement. Du coup il y a des têtes connues, des gens que je rencontre au même endroit tous les jours. Des gens dont je partage un peu la vie, et dont j’imagine la vie :

Les jumelles qui viennent en voiture et arrivent sur le parking de la gare au moment où je tourne au coin de la rue. Coiffées pareil, souvent habillées en coordonnées, elles sont parfaitement identique et ont 45 ans (environ). Je suppose qu’elles habitent ensemble, sont et resteront célibataires toute leur vie, elles sont heureuses d’être ensemble, et pourtant ne se parlent jamais. Par contre elles ne bossent pas au même endroit : il m’arrive d’en croiser une quand je rentre, elle est sans l’autre ! Je me plais à imaginer qu’elles se manquent toute la journée et n’attendent qu’une chose : le retour du boulot !

La dame de cantine, je ne sais pas pourquoi je l’appelle comme ça en mon for intérieur. Elle, elle est toujours assise sur les bancs : dehors quand il fait beau, sous l’abris quand il pleut. Elle fume sa cigarette, et quand elle me voit passer, elle se lève et va rejoindre la place qui optimise son parcours... je me demande comment elle fait quand je ne travaille pas !

Il y a l’étudiante en art, elle n’est pas là tous les matins, mais on a le même début de parcours : quand elle est là on arrive ensemble, elle se place devant la même pancarte que moi. Deux arrêts avant la correspondance, elle envoie un petit texto, à son amoureux, qui l’attend sur le quai du métro, juste en haut des escalators. Je suppose qu'ils n’ont pas assez d’argent pour louer un studio sur Paris et vivent chez leurs parents. Parents qui ne connaissent peut-être pas l’existence de l’autre puisque jamais ils n’ont pris le train ensemble.

Et il y a les autres... Dont je vous parlerais une prochaine fois !
Par Kiasev
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Vendredi 4 août 2006

A la demande générale de Ma2thieu, voici la suite de cet article sur mes habitués du métro :

Tous les matins en dehors des vacances scolaires, il y a "mon neuneu 01" comme je l’appelle. Lui il n’optimise rien du tout puisqu’il arpente le quai de long en large, en courant presque et en parlant tout seul, en jurant par moment, ses écouteurs sur les oreilles et son éternel blouson rouge sur le dos. Et ce jusqu’à ce que le train arrive, et il monte par la porte la plus proche de là où il était. Il est attristant de voir que tout le monde (y compris moi), essaye tant bien que mal de l'éviter et de ne pas être sur son chemin. Cet homme donne l'impression d'avoir la quarantaine, il va surement dans un institut spécialisé depuis des année, et le fera toute sa vie...

Il y avait, (mais ça fait quelques mois que je ne l’ai pas vue), une dame très stricte, madame cul de poule,  qui bosse dans un bâtiment dans la même rue que le mien (il faut le faire quand même... !), cette dame optimisait aussi comme moi, tout le long du parcours, et même le soir au retour (ou je la croisais parfois !) on se retrouvait devant la même poubelle...
Je n’ai jamais réussi à croiser son regard, il n’y a jamais eu de signes de connivence et de reconnaissance... Nous n’avons pas les mêmes valeurs sans doute ! Elle doit être responsable d’un projet très important dans une grosse boîte, mais se permet des horaires relativement corrects. Son époux vient l’attendre parfois le soir, et c’est amusant de voir combien elle change, son visage sévère devient souriant et agréable quand elle l’aperçoit... comme quoi la première impression qu’on se fait des gens est rarement bonne !

Tous les matins il y a aussi les amoureux pressés. Jeune couple comme je ne les aime pas : ils ne peuvent pas marcher sans que monsieur tienne mademoiselle par la taille. Même si elle a un sac à dos, même si il tient plus le sac que sa chere et tendre. Meme si ils marchent à toute vitesse pour atteindre le bout de quai avant que le train n'arrive, en ne se lachant sous aucun pretexte quitte à slalomer dangereusement entre les gens. Ils s'arrêtent de temps en temps dans leur course pour un petit bisou... Bref ils illustrent tout à fait la fameuse chanson d'Anaïs, et ils me gonfflent tout autant qu'elle !

Voilà en gros les gens que je rencontre sur mon quai de RER tous les matins ou presque.
C’est étrange je leur ai tous donnés un nom ou un surnom, je me surprends à les chercher du regard, à essayer de comprendre leurs habitudes, un peu comme si ils étaient proches de moi !

Une prochaine fois je vous parlerais de ceux que je rencontre dans le RER 
J

Par Kiasev
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Jeudi 10 août 2006

Un truc sympa aussi avec le métro, c’est qu’on se rend bien compte que tous les goûts et les couleurs sont dans la nature et que ça ne se discute pas... Bon on va quand même en causer !

Je suis d’un naturel très classique (l’objectif étant de passer le plus inaperçue possible) et donc il m’arrive d’être amusée devant les tenues extravagantes des autres... Je pourrais même dire que je suis limite envieuse devant l’impassibilité de ces dames (ce sont souvent les filles/femmes qui osent les bizarreries) alors qu’elles sont le point de mire de toute l’assistance !
Est-ce qu’elles s’en rendent compte au moins ?
Est-ce le but ?
Est-ce que simplement elles aiment les mélanges de couleurs et les tissus qui ne vont habituellement pas ensemble ? Les vêtements qui ne viendraient à l’idée de personne (ou presque) d’associer ?
Ce sont des artistes ? Ou bien des étudiantes ? Pas des employées de bureau en tout cas, quoique, pourquoi non ?

Toujours est-il que l’autre jour, j’étais le nez dans mon bouquin (tiens donc ?) quand mes yeux ont été accrochés par des chaussures rouges et des collants verts fluo qui venaient s’asseoir en face de moi. Je lève un peu les yeux pour découvrir un bermuda rose bonbon et une robe blanche avec d’énormes roses jaunes. Je continue de lever la tête, complètement hypnotisée, pour découvrir encore au dessus de la robe, quatre T-shirts de plusieurs couleurs, déchirés artistiquement au niveau du col, des manches et du bas, pour qu’on puisse distinguer les 4 tout en apercevant la robe et les bretelles du soutien gorge.
Et avec ceci un sac à main fait maison (c’est impossible de trouver un truc pareil dans le commerce). Fait dans une matière rigide, recouverte de tissus vert pomme. Une sorte de petite maison avec fenêtres, volets, porte, cheminées et tout. Le toit se soulevant pour permettre d’accéder à l’intérieur du sac (je me posais la question, justement, quand elle l’a ouvert pour en sortir un bouquin de poche) et pour finir, une lanière constituée de plusieurs fils de laine de différentes couleurs...

 

 

Toute cela était très... comment dire... petite fille avec sa maison de poupée et ses vêtements pris au hasard dans le placard de maman... Elle avait bien 20 ou 25 ans cette demoiselle pourtant !

Et dire que je m’inquiète lorsqu’il ne me reste que des chaussettes rouges à mettre avec mon pantalon noir, qui, de toute manière, cache mes chaussettes...

 

 

Par Kiasev
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Vendredi 25 août 2006

Apres les personnes que je rencontre tous les matins (ou presque) avant de prendre le RER (ici ), voici celles que je rencontre DANS le RER.

La jolie grosse dame. Jolie, parce que indéniablement c’est une belle femme : un très joli visage constellés de taches de rousseurs mais la peau assez foncée quand même, de grands yeux magnifiques, des mains aux longs doigts (j’ai toujours trouvé ça chic, les grandes mains fines !) distinguée, mais pas méprisante, ... Grosse est peut être un peu exagéré, elle est loin d’être obèse, mais elle ne porte pas du 40 et elle occupe bien son siège (mais cela n’empêche pas d’être belle). Elle me fait toujours penser à Caroline Diaman en brune, je ne sais pas si vous connaissez, c’est une chroniqueuse de Ruquier.
Bon cette dame, donc, est toujours assise au même endroit. Je trouve ça d’ailleurs étrange car elle se met du coté de l’allée. A la fin c’est plus facile pour sortir, mais pendant tout le trajet on se prend des coups de sacs de toutes les personnes debout dans l’allée ! En plus elle descend (comme moi) au même endroit que tout le monde, donc il n’y a pas de problème pour sortir, même si on est coté fenêtre. Enfin, elle a sûrement une excellente raison de se mettre là ! Elle écoute souvent de la musique, je suis sure que c’est du jazz, mais je n’ai jamais réussis à entendre, dommage ! Petit hochement de tête quand on croise les regards...

La gentille dame. Alors elle c’est la seule à qui je dis bonjour en montant, et qui me répond, je ne sais pas pourquoi, le courant est passé assez rapidement ! Il y a même quelques réflexions échangées de temps en temps (quand il y a une annonce du chauffeur en particulier)
Elle je n’arrive pas à la cerner, elle est très distinguée aussi, brushing parfait, toujours en tailleurs, tous les jours un différent, en plus elle a des jambes, mais des jambes de folies, minces mais pas maigres, superbes... et pourtant elle a au moins 55 ans cette dame. Un sac à main de marque, bref elle a tout d’une dame très chic... sauf si elle ouvre la bouche, là on croirait entendre une poissonnière (sans aucune méchanceté pour les poissonnières, disons plutôt qu’elle a un accent assez vulgaire, et une voix qui va avec, grave et nasillarde) ! Du coup je ne sais plus trop quoi penser. Elle aussi est toujours assise au même endroit, mais coté fenêtre (il y a des gens encore plus ancrés dans les habitudes que moi !), elle regarde le morne paysage tous les jours, pas de livre, pas de musique, rien... c’est assez rare ! De temps en temps sa fille l’accompagne (c’est la même mais avec les cheveux longs !) ou alors une amie (ou voisine, ou je ne sais quoi) dans ces cas là elles papotent tout le long, et son amie est l’exact contraire niveau look, ce qui ajoute à mon questionnement : qui est-elle ? Quel métier peut-elle bien faire - Femme d’affaire ou poissonnière ?

La mère de famille. Elle, elle me fait penser à Bree (de desperate housewives) en châtain. Même façon de se tenir, même coupe de cheveux, même regard un peu supérieur... et puis une jour elle s’est retrouvée en même temps qu’un voisin à elle, vous savez les vagues connaissances à qui on parle 5 minutes quand on se croise : comment vont les enfants ? Le mari ? Le boulot ? Du coup, elle aussi, je l’ai vue sous un autre jour, une maman qui adore ses gosses, qui s’inquiète de leur avenir, qui aime parler d’eux, plus du tout hautaine ou méprisante, bref une maman quoi (un peu comme Bree !)

Bon voilà pour les dames, les hommes ce sera pour une prochaine fois 
J (je m’aperçoit en écrivant ces billets que je rencontre finalement pas mal de monde qui a les mêmes habitudes que moi ! )

 

 

Par Kiasev
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