L’autre jour, j’étais tranquillement assise dans le métro en train de bouquiner (comme d’habitude me direz vous), sur un siège dans un groupe de quatre. Les trois autres étaient vides.
Trois adolescentes (je dirais 15 ou 16 ans) montent à une station quelconque et s’assoient avec moi. Elles sont toutes trois à la dernière mode, jolies, courtement vêtues, parlent fort en mâchouillant leur chewing-gum… bref j’arrête la ma description, trois ado comme toutes les autres.
Il s’avère que dans ces cas là, soit vous êtes dans un livre passionnant et vous restez plongé dedans jusqu’à ce que votre sixième sens vous avertisse que vous êtes arrivé à votre station, soit vous vous rendez compte au bout de quelques lignes que vous lisez mais n’enregistrez plus : la conversation de vos voisines étant tellement forte, impossible de se concentrer... Reste plus qu’à écouter en faisant semblant de lire. Il arrive que ce soit intéressant ou drôle, c’est souvent source de grandes interrogations : mais étais-je aussi futile et stupide à leur age ?
Cette fois là, deux des trois (qui étaient cousines) étaient en train de se disputer, la dernière essayait tant bien que mal de les calmer (plutôt mal d’ailleurs puisqu’elle s’est faite envoyer promener par les deux autres).
Le sujet de dispute ne me revient plus à l’esprit, par contre je me souviens parfaitement avoir été choquée, il faut bien le dire, par leur façon de parler. Elles n’avaient strictement aucun vocabulaire, la grammaire était une vague notion inutile, et le ton et la gestuelle menaçants, l’accent des cités n’aidant pas vraiment à donner à ses demoiselles une quelconque dignité...
Je les ai trouvé pitoyables et attristantes, ridicules et désolantes : que feront-elles dans la vie ces filles qui ne savent pas s’exprimer correctement ? Quel métier peut-on envisager qui ne demande pas d’ouvrir la bouche ou de rédiger un quelconque document ? Qui respectera quelqu’un qui est incapable de formuler une phrase sans écorcher la langue française (je ne parle pas simplement d’obtenir un boulot, mais aussi des actes classiques : ouvrir un compte dans une banque, signer un contrat d’assurance, acheter une voiture, trouver un logement...).
Ce qui m’inquiète c’est que le problème s’amplifie de plus en plus, et j’ai l’impression que personne ne s’en inquiète. J’ai lu quelque part qu'en moyenne les gens "normaux" utilisent 2500 mots alors que les jeunes des banlieues : 400... Si il y a des enseignants qui me lisent ou des parents un peu responsables : interrogez vous sur ces chiffres horribles, je ne sais pas moi, enfermez les chez eux et obligez les à lire, discutez avec eux au lieu de discourir seul, bref faites quelque chose !
La dispute s’est terminée quand la troisième comparse a reçu un appel sur son portable qu’elle avait autour du cou (sonnerie immonde bien évidemment et assourdissante), d’un futur petit ami... le sujet de dispute a été oublié aussitôt qu’elle a raccroché et les « alors raconte » submergés par les rires idiots... des ado comme les autres quoi !
Discutons...